La relation entre le sommeil et la migraine a longtemps été incomprise, et malheureusement, cette relation n’est toujours pas claire pour les chercheurs. 

D’après cette étude sur les facteurs déclenchants de la crise de migraine sévère, publiée en 2007, 95% des personnes souffrant de migraine attribuent leur migraine à au moins un facteur déclenchant, avec les perturbations du sommeil qui arrivent en tête des facteurs déclenchants les plus communs pour 50% des patients. 

Les troubles du sommeil (manque de sommeil, sommeil excessif ou encore apnée du sommeil) peuvent déclencher des crises de migraine ou des maux de tête ; a contrario, un sommeil adéquat peut soulager des tensions, et diminuer le risque de crise. 

Quel est le lien entre le sommeil et les crises de migraines ? Nous vous avons fait un court récapitulatif des différentes études qui abordent ce sujet. 

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 🫁 Quels sont les liens entre la respiration pendant le sommeil et la migraine ?

Plusieurs études ont été menées pour établir un lien entre la migraine et l’apnée du sommeil d’une part, et la migraine et les ronflements d’autre part. 

Le corps, notamment le cerveau, doit être continuellement alimenté en oxygène. Une baisse du taux d’oxygène peut favoriser l’apparition de crises de migraine. Or, l’apnée du sommeil et les ronflements pourraient tous les deux provoquer une diminution de l’apport d’oxygène. C’est pour cela qu’il y a une piste à élucider entre la respiration pendant le sommeil et la migraine. 

Il est important de préciser que les recherches à propos du sommeil sont encore peu nombreuses et récentes. Les données qui ressortent de ces recherches peuvent être prises en compte mais aucun lien clair et précis ne peut être établi entre le sommeil et les migraines. La recherche à ce sujet est loin d’avoir abouti. 

L’apnée du sommeil se caractérise par une sorte de blocage de la respiration. Cela se traduit par une diminution de l’apport d’oxygène dans le sang, ce qui a un impact sur la santé cardiovasculaire et cérébrale de l’individu.

Une étude publiée dans la revue Cephalalgia dont l’objectif est d’étudier la prévalence et les caractéristiques des migraines et de l’apnée du sommeil, a été menée en 2011 en Norvège dans le but d’établir une relation entre les céphalées et l’apnée du sommeil. Cette étude a été menée sur 431 personnes. Le résultat de cette étude a montré que 11,8% des participants souffrant d’apnée du sommeil ont été diagnostiqués comme souffrant de céphalées matinales liées à l’apnée du sommeil. Ainsi, cette étude soutient qu’il existerait bien une corrélation entre l’apnée du sommeil et les céphalées matinales. 

Les ronflements peuvent aussi être liés aux céphalées matinales. Les ronflements sont dus à une réduction ou à un blocage des voies respiratoires supérieures, ce qui limite l’apport d’oxygène dans le corps pendant le sommeil. Chen et al., dans la revue Cephalalgia ont étudié en 2011 la relation entre les céphalées et les ronflements. Sur 268 ronfleurs, ils ont observé la présence ou non de maux de tête le matin, 1 jour par semaine pendant 6 mois. 23% des ronfleurs souffraient de maux de tête matinaux. Les ronflements pourraient donc être liés au maux de tête matinaux.

Mis à part les troubles d’apport d’oxygène liées à l’apnée du sommeil ou aux ronflements, la migraine pourrait également être associée à d’autres troubles du sommeil : somnolence, mauvaise qualité de sommeil, insomnie… Si vous pensez souffrir de troubles du sommeil, consultez un médecin ou un pneumologue qui pourra vous aiguiller vers un traitement adéquat.

Nota bene : les études ne sont pas assez complètes. On ne peut pas encore établir de lien clair entre l’apnée du sommeil, le ronflement et la migraine. 

😴 Comment le sommeil influence l’apparition de migraine ?

Plusieurs études (malheureusement, sur peu de patients) ont été menées pour établir un lien entre la qualité du sommeil et la migraine. 

Deux facteurs ont été identifiés : la qualité du sommeil et la durée de sommeil. 

En effet, après une mauvaise nuit de sommeil, où le sommeil n’est pas réparateur et a été fragmenté, un patient souffrant de migraine aurait plus de chances d’avoir une migraine. D’après cette étude publiée dans la revue Neurology menée aux Etats-Unis en 2020 sur 98 patients migraineux épisodiques, la probabilité d’avoir une crise de migraine le lendemain serait 39% plus élevée lorsque le sommeil a eu une durée insuffisante, a été fragmenté ou a été de mauvaise qualité qu’après une nuit “normale”. Ainsi la qualité de sommeil serait liée à l’apparition de migraine le lendemain. 

La qualité du sommeil n’est pas le seul facteur qui aurait été identifié dans les recherches. La durée de sommeil jouerait également un rôle important. La répétition de nuits écourtées augmenterait considérablement la probabilité de présenter une crise de migraine. Deux études ont établi un lien entre la durée de sommeil et la migraine.

Une étude, menée en 2016 sur 62 migraineux épisodiques, ayant pour objectif d’analyser les facteurs déclenchants chez les migraineux épisodiques, (entre 2 et 14  jours de migraine par mois), a montré que la probabilité d’avoir une céphalée après un manque de sommeil est de 55%. 

Une autre étude a été publiée dans la revue Pain dans le but d’évaluer les relations entre la durée de sommeil et les maux de tête chez les patients souffrant de maux de tête chroniques.  Cette étude a été réalisée sur 55 patients et a démontré que 2 nuits consécutives avec une durée de sommeil inférieure à 4 heures étaient annonciatrices de migraine. Tandis qu’après 2 nuits avec environ 8 heures de sommeil, la probabilité d’avoir une migraine diminuait. 

Dormir peu augmenterait donc le risque de migraine. Cependant, même si vous vous êtes couché tard, il n’est pas recommandé de se lever plus tard que d’habitude. Faire une grasse matinée décalerait la routine d’un patient migraineux (par exemple la routine du café du matin ou du petit-déjeuner). Or le changement de routine est connu pour être un facteur déclenchant, c’est pour cette raison qu’il est recommandé de se lever grosso modo à la même heure tous les jours, même si vous vous êtes couché tard, quitte à faire une courte sieste en début d’après-midi. 

🍀 Quelles sont les solutions pour limiter l’impact du sommeil sur la migraine ?

Des “astuces” permettent de limiter les migraines liées au sommeil : 

  • Il est conseillé de suivre une routine matinale à heures fixes. Cela vous permet de ne pas décaler votre routine, ce qui est bien connu pour être un facteur déclenchant de migraine. 
  • Il vaut mieux éviter la somnolence : si vous n’arrivez pas à dormir suffisamment, ne somnolez pas. Sortez de votre lit, lancez vous dans une activité calme comme la lecture, le tricot. Dès que vous sentez la fatigue revenir, retournez vous coucher. Ainsi vous éloignez le risque de migraine.
  • Il est également conseillé de limiter les stimulants comme le café, le tabac ou l’alcool le soir, ils peuvent fragmenter votre sommeil.
  • Vous pouvez également limiter les écrans avant de dormir. Les écrans attirent en permanence notre attention, ce qui empêche le sommeil de bien s’installer. 
  • La température de votre chambre peut influencer votre sommeil ; vérifiez la température : la température idéale de votre chambre pour bien dormir se situe entre 15 et 17°C.

En conclusion, il pourrait bien y avoir un lien entre sommeil et migraine, mais les recherches sont encore peu nombreuses ou sur de trop petite population pour établir un lien à coup sûr. En attendant, nous pouvons toujours essayer de cajoler notre sommeil, ça ne pourra pas nous faire de mal.