Voilà 18 mois que nous partageons notre vie avec le COVID 19. Durant cette longue période, nous avons appris, tant bien que mal, à vivre avec la pandémie. Nous avons été contraints de travailler à domicile, de porter le masque en extérieur, voire même, parfois, de se confiner entièrement. La situation a été difficile pour tout le monde. Cependant, elle l’a été encore plus pour certains individus, au premier rang desquels, les migraineux. En effet, le cerveau des migraineux réagit, en général, très mal aux modifications du rythme de vie. Changer de lieu de travail, passer de la vie en communauté à l’isolement, travailler des heures d’affilée derrière un écran… Tous ces éléments peuvent induire une forte anxiété ou fatigue, qui peuvent à leur tour être des facteurs déclenchants de crises. Dans cet article, nous allons donc voir les conséquences de la pandémie pour les migraineux, ainsi que proposer quelques pistes afin de gérer au mieux la crise. 

🦠 COVID et Migraine : une aggravation des symptômes

De manière générale, les maladies inflammatoires sont particulièrement contraignantes pour les migraineux. En effet, en cas d’inflammation, le cerveau peut réagir en augmentant la fréquence des crises de migraine. Les personnes migraineuses sont donc davantage sensibles aux épidémies et aux maladies inflammatoires en général… Par contre, à ce jour, être migraineux ne serait pas considéré comme un facteur de risque, en particulier, de développer une forme grave du COVID 19, et inversement. 

La comorbidité peut être définie comme l’association de deux maladies ou troubles. En règle générale, on attribue le terme comorbidité lorsqu’un ou plusieurs troubles sont associés à une maladie déjà existante. Or, cette condition pré-existante à l’infection peut constituer un risque supplémentaire de développer une forme grave du virus. Si les migraineux semblent, heureusement, ne pas être concernés, ceux qui sont en situation d’obésité ou qui présentent un diabète doivent en revanche faire particulièrement attention.

Aussi, les changements liés à la pandémie affectent particulièrement les migraineux. Nous en parlions en introduction : l’anxiété induite par le changement est un facteur déclenchant des migraines mais ce n’est pas le seul. Avec le confinement et le télétravail, on passe bien plus de temps derrière les écrans, on est moins actif, parfois même moins tenté de faire du sport, le cerveau a moins d’occasions de s’oxygéner… bref, autant de facteurs déclenchants éventuels qu’il faut savoir gérer. 

💊 Migraine, traitement et vaccin

Pour de nombreux migraineux, la question des effets secondaires de la vaccination s’est posée. Alors faut-il craindre la vaccination lorsqu’on est migraineux ? 

En réalité, plusieurs problèmes se posent. D’abord, celui de savoir si les effets secondaires des vaccins aggravent l’intensité et/ou la fréquence des crises. Ensuite, savoir si les propriétés du vaccin annulent celles des traitements contre la migraine, ou inversement. Pour répondre à la première, il est effectivement possible que la vaccination entraîne des effets indésirables tels qu’une grande fatigue, des fourmillements voire des sensations de douleurs dans les bras : ces effets secondaires peuvent constituer des facteurs déclenchants chez certains. Toutefois, ces symptômes sont temporaires et ils ne devraient pas aggraver les crises de migraine sur le long terme. Concernant la deuxième question, une étude estime que les recherches réalisées jusqu’à maintenant ne donnent aucune  raison de s’inquiéter. Les différentes molécules présentes dans les traitements n’entreraient pas en conflit avec le vaccin, et inversement. En revanche, le CDC déconseille de prendre certains traitements avant de se faire vacciner, tels que ceux contenant des AINS (ibuprofène, kétoprofène et naproxène) ou du paracétamol.

💪 Toujours et encore plus : l’importance de maintenir une bonne hygiène de vie

Concernant le virus lui-même, nous l’avons vu, les migraineux ont d’autant moins intérêt à attraper le COVID que les autres individus puisque l’inflammation pourrait induire une augmentation de la fréquence des crises et de leur sévérité. Si l’on ne peut pas se “protéger” du COVID sans les gestes barrières ou le vaccin, on peut adopter une meilleure hygiène de vie afin de réduire l’impact des crises, ou de renforcer son système immunitaire, qui peut d’ailleurs être affaibli suite à la prise de certains traitements. Il existe pour cela plusieurs possibilités. 

Le sport tout d’abord. Il a en effet été reconnu que le sport permettait, entre autres bienfaits, de renforcer l’immunité. Il permet de diminuer l’anxiété et de mieux dormir. En particulier, la pratique régulière de l’aérobic permet une diminution moyenne de 40% de la fréquence des crises. Dans cette étude, des chercheurs recommandent la pratique de l’aérobic à une intensité modérée à élevée, 3 à 5 jours par semaine, de l’ordre de 45 à 60 minutes par séances. Les bienfaits de l’aérobic se feraient sentir en seulement 4 semaines. 

L’alimentation : lors de la conférence pour le World Migraine Summit 2021, le docteur Shivang Jar a dressé une liste des aliments susceptibles de renforcer l’immunité du corps humain. Parmi eux, le curcuma, le gingembre, ou encore le thé vert. La prise de compléments alimentaires à forte teneur en Vitamine C, D ou zinc est également bénéfique. 

Conclusion

Encore une fois, la période que nous vivons est difficile. Les changements de conditions de vie affectent tout le monde, mais chez les migraineux  la transition est parfois plus compliquée. En plus de cela, la circulation du COVID 19 représente un risque supplémentaire pour les migraineux d’accentuer les crises. 

Mais tout n’est pas noir, certains migraineux ont rapporté que la baisse des transports avec le télétravail a impacté positivement la fréquence des crises.

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