La médecine douce peut être une aide pour traiter la migraine et/ou ses facteurs. 

L’utilisation de thérapies alternatives est très répandue. Au moins 85% des patients souffrant de maux de tête ont essayé des thérapies alternatives, et 60% de ces patients pensent que ces thérapies sont bénéfiques. Lorsque les approches conventionnelles échouent, il peut être intéressant de trouver de nouvelles façons de traiter les maux de tête. Les médecins cherchent d’autres moyens d’aider leurs patients, mais l’utilisation généralisée et l’intérêt que ces thérapies ont suscité, nécessitent une plus grande attention de la part de la recherche. 

Qu’est ce que la médecine douce ? 

Des plantes et compléments alimentaires aux thérapies physiques ou mentales, le choix est large. La médecine douce comprend : 

  • Les thérapies fondées sur la botanique
  • Les vitamines
  • Les thérapies mentales
  • Les thérapies du corps
  • Les techniques fondées sur la manipulation (ostéopathie, chiropraxie, etc.)

La médecine douce peut aider un mode de vie équilibré, qui comprend une alimentation saine, des heures de sommeil régulières et un peu d’exercice, aide aussi à réduire la fréquence et la gravité des crises de migraines. 

La médecine douce peut-elle remplacer mon traitement ? 

Des patients rapportent les bienfaits de la médecine douce, néanmoins il est important de rester prudent et de savoir que ces pratiques ne remplacent pas les traitements médicamenteux. 

Important à savoir : 

  • A date, il y a trop peu d’études scientifiques bien conduites sur la médecine douce pour en tirer des conclusions claires et précises. 
  • Certains médecins ne sont pas encore coutumiers de ces pratiques, de leurs bienfaits mais aussi de leurs effets indésirables. La médecine douce peut apporter des avantages significatifs aux personnes souffrant de migraines et céphalées, être neutre, mais peut aussi être nocive. 
  • Il n’est pas évident d’évaluer ce genre de pratiques avec les autres protocoles actuels reconnus. 
  • Parmi les différentes formations, toutes ne se valent pas. 
  • Les contre-indications et effets secondaires ne sont pas inexistants. 

Voici une liste de thérapies de médecine douce détaillée. 

Herbes et plantes médicinales

Une variété de plantes utilisée pour les migraines et céphalées. L’objectif n’est généralement pas de traiter, mais de chercher la relaxation et l’équilibre du corps. Voici quelques thérapies couramment utilisées : 

  • Herbes à inhaler, y compris la mélisse, la menthe poivrée et la camomille. 
  • Massage à la lavande, à la menthe poivrée, à l’anis, au basilic ou à l’eucalyptus.
  • Bains chauds à l’eucalyptus ou à la menthe poivrée.
  • Compresses à la menthe poivrées, gingembre et marjolaine, et vinaigre. 

Voici au cas par cas quelques plantes, leur efficacité, leurs bienfaits ou leurs effets indésirables rapportés par des études : 

  • Le gingembre : les effets analgésiques (qui prévient ou diminue la sensation de douleur) du gingembre sont connus depuis longtemps, mais aucune étude n’a montré l’efficacité du gingembre contre les migraines. Cependant c’est un très bon anti-vomitif, mais il peut provoquer des brûlures d’estomac et des dermatites. 
  • Le magnésium est un minéral abondant dans le corps et est important pour la synthèse des protéines, la production d’énergie, la fonction musculaire. Il peut aussi jouer un rôle dans les déclenchements de migraine en cas de carences. Deux essais à grande échelle ont montré que la prise de 600 mg/jour serait bénéfique pour le traitement de la migraine. Cependant, le magnésium n’est pas sans danger en cas d’insuffisance rénale et peut provoquer des selles molles/de la diarrhée, il peut aider en cas de constipation. 
  • La riboflavine (vitamine B2) est impliquée dans la production d’énergie et sa carence joue un rôle dans la migraine. Sur 11 essais cliniques, 5 ont montré un effet positif, un essai a montré qu’une prise de 400 mg/jour a entrainé une amélioration d’au moins 50% chez 60% des patients. Elle réduirait la fréquence et la durée des crises. La riboflavine est sans danger pendant la grossesse. Cependant, la riboflavine rend l’urine jaune vif/orange et peut provoquer la diarrhée. 
  • La grande camomille est une plante utilisée par les Grecs au premier siècle pour les troubles inflammatoires. Le parthenolide, l’ingrédient actif, peut aider la migraine grâce à ses propriétés anti-inflammatoires. Sur 6 études, 4 ont eu des résultats positifs (y compris la plus grande étude avec 170 patients) et 2 étaient négatives. Les effets secondaires les plus courants étaient des nausées, des ballonnements et des aphtes. La grande camomille ne doit pas être interrompue brutalement, sinon des symptômes de sevrage pourraient survenir (difficulté à dormir, anxiété, courbatures). La grande camomille n’est pas recommandée pendant la grossesse. 
  • L’huile de poisson oméga 3 est anti-inflammatoire mais 13 études n’ont montré aucun bienfait sur les migraines. 
  • La pétasite est une plante aux propriétés anti-inflammatoires et impliquée dans la régulation du calcium. Deux grandes études ont démontré une amélioration significative de la fréquence des maux de tête. Cependant, les préparations peuvent contenir une substance végétale (des alcaloïdes de pyrrolizidine-PA), qui est toxique pour le foie. Le pétasite ne doit pas être pris que s’il est étiqueté et certifié sans PA et même dans ce cas, des tests de la fonction hépatique doivent être faits. 

Des consommations à risques : 

  • Le tabac : plusieurs études ont été réalisées pour tenter de déterminer si le tabagisme est un facteur déclenchant. Une étude réalisée en 1985 n’a pas trouvé de différences entre la population de fumeurs et l’incidence des migraines épisodiques par rapport aux migraines chroniques. Des études ultérieures n’ont pas réussi à établir de lien entre la tabagisme et la céphalée de tension ou la migraine avec aura. A contrario, on observe un fort taux de tabagisme chez les personnes souffrant d’AVF. 
  • Le cannabis : dans certains rapports le cannabis a été associé à une augmentation des migraines et céphalées. Une étude a suggéré que les céphalées de tensions se développent généralement après une consommation chronique. Le cannabis pourrait impliquer une transition de céphalées épisodiques vers des céphalées quotidiennes. 

Les thérapies mentales (ou thérapies corps/esprit) :

Les thérapies mentales ou thérapies corps/esprit amélioreraient la santé et ciblent souvent le stress. Ce qui est bon à savoir car jusqu’à 60% des migraineux signalent le stress ou les variations de niveau de stress comme un facteur déclenchant.

  • La méditation améliorerait le bien-être général, diminuerait le stress et l’anxiété, réduirait la fréquence d’épisodes dépressifs et pourrait être bénéfique pour les personnes souffrant de douleurs chroniques. La méditation peut aller au-delà de la relaxation, en améliorant l’attention, la conscience corporelle, la régulation des émotions… Quelques études ont démontré que la méditation peut améliorer la qualité de vie des migraineux en diminuant l’handicap. Plusieurs études sont en cours pour évaluer davantage ses bienfaits pour la migraine. 
  • Le yoga tente d’équilibrer les parties mentales et physiques et combine des postures physiques (“asanas” avec la respiration “pranayama”) et une relaxation profonde (“shavasana”). Le yoga peut être utile pour de nombreux problèmes de santé et symptômes. Un essai clinique (accessible ici )a révélé que les séances de yoga de 60 minutes pendant 3 mois à une fréquence de 5 jours par semaine diminueraient la fréquence et la gravité de la migraine ainsi que l’anxiété et la dépression associée.

Thérapies fondées sur la manipulation :

  • L’acupuncture fait partie de la médecine traditionnelle chinoise et consiste à placer des aiguilles à des points spécifiques. Le but est de maintenir en équilibre le Qi, l’énergie du corps. Mais cette pratique fait débat. Cette technique n’est peut-être pas recommandée pour le moment, mais plusieurs études ont montré que l’acupuncture était efficace dans le traitement de la douleur. L’OMS a aussi établi que les céphalées et la migraine font partie des pathologies pour lesquelles l’acupuncture s’est révélée une aide possible et crédible. 
  • L’ostéopathie repose sur l’utilisation du contact manuel pour le diagnostic et le traitement. Elle prend en compte les relations entre le corps, l’esprit, la raison, la santé et la maladie. L’organisme aurait la capacité de s’auto guérir (définition de l’OMS). L’ostéopathie agirait sur les facteurs déclenchant de la migraine. Elle n’agit pas sur les causes de la migraine puisque la cause est neurologique. Cependant il y a trop peu d’études pour juger de son efficacité. De plus, il n’y a pas de diplôme unique pour pratiquer l’ostéopathie. Avant de s’y mettre, et comme pour toutes les pratiques citées dans cet article, une consultation préalable avec un médecin est nécessaire afin d’obtenir un diagnostic et de vérifier s’il n’existe pas de contre-indications. 
  • La médecine chiropratique : Le chiropraticien manipule les os de la colonne vertébrale à la main. Le but est de soulager et de traiter les troubles du système neuro-musculo-squelettique. Les preuves en faveur de la manipulation chiropratique pour les céphalées de tensions et les céphalées  chroniques sont fiables. Aucune recommandation fondée sur des preuves n’a pu être établie en cas de migraine. De plus, certaines techniques présentent un risque d’endommager les artères du cou et doivent être évitées. 
  • Le massage manipule les tissus et les muscles pour favoriser la guérison et peut être très relaxant. Le message peut présenter des bienfaits pour la qualité du sommeil et l’anxiété et pourrait être utile dans le cadre des migraines et des céphalées de tension. Cependant, il n’y a que quelques études réalisées à petite échelle et il existerait des différences d’efficacité selon le type de céphalée. Il est plus largement utilisé chez les patients souffrant de migraine avec ou sans aura que chez les patients souffrant de céphalées chroniques quotidiennes. 

Conclusion : 

Avant d’envisager de débuter une médecine douce, parlez-en à votre médecin. Il pourra peut-être vous orienter et en prendra compte dans l’approche thérapeutique recommandée. 

Avec Apo, il est maintenant possible d’enregistrer la médecine douce comme un événement sur votre calendrier. Vous et votre médecin serez en capacité d’établir un lien entre la fréquence et l’intensité de vos crises (si elles diminuent ou non) et la pratique de la médecine douce en question. Cela pourra vous aider à identifier la pratique de médecine douce qui vous correspond et qui vous réussit le plus.

Pour savoir comment ajouter la pratique de médecine douce à votre calendrier, jetez un oeil à cette courte vidéo tuto.